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Réduire sa pollution numérique
en 27 petits gestes

Réduire sa pollution numérique, c'est possible

Selon le rapport de GreenIt (publié en octobre 2019), l’empreinte écologique globale du numérique devrait doubler, voire tripler entre 2010 et 2025. Ceci impliquera d’accroître la production énergétique mondiale ou de concevoir des appareils et services moins énergivores. Chacun peut aussi adopter des comportements sobres afin de réduire sa pollution numérique. Cet article fait suite à un état des lieux de l’impact environnemental du web publié sur le blog de Ker’Vrac.

La part des industriels

Une partie des grands acteurs de l’économie numérique ont pris conscience de leur impact environnemental. S’ils visent aujourd’hui à réduire leur empreinte écologique ou à se décarboner, ce n’est pas par simple humanisme. C’est aussi par réalisme économique. La raréfaction des ressources et l’augmentation du coût des énergies peut remettre en cause leur pérennité et leurs profits. Ils le font aussi sous la pression d’ONG influentes, comme Greenpeace, dont les campagnes ne passent pas inaperçues.

Ainsi, certaines entreprises ; Facebook, Apple, Google, installent leurs data center dans les pays nordiques… plus frais que la Californie. Elles investissent dans les énergies renouvelables pour l’alimentation et le refroidissement de leurs centres de données.

D’autres sont toujours rétives au changement. C’est le cas de Netflix qui reste abonnée aux énergie fossiles. C’est une source d’inquiétude, sachant que le streaming vidéo pourrait capter jusqu’à 80% du trafic mondial en 2020.
L’autre inquiétude vient d’Asie de l’Est où la croissance rapide d’Internet est soutenue par le charbon.

Le rôle des Etats

Réduire sa pollution numérique individuelle et par les entreprises, doit être pris en considération par les Etats. Ils limiteront ainsi leurs besoins d’investissements dans la production d’énergie. Les gouvernement nationaux ont un pouvoir en la matière. Ils peuvent :

  • soutenir les filières éco-responsables, sensibiliser les entreprises,
  • stimuler l’éco-conception dans l’enseignement supérieur,
  • favoriser le réemploi et le recyclage,
  • durcir leur législations en proscrivant certaines pratiques marketing ultra-consuméristes, ou en augmentant la durée légale de garantie des appareils,
  • adapter leur panel de taxes en faveur des produits éco-conçus et sobres,
  • encourager la mutualisation des objets connectés dans les logements collectifs (box Internet par exemple), etc.

Le pouvoir des utilisateurs du numérique

Avant d’être des consommateurs, les utilisateurs sont des citoyens. Ils ont la possibilité de s’informer, de sensibiliser autour d’eux, y compris au sein de leurs entreprises ou auprès de leurs élus.
Ils peuvent s’impliquer et relayer les campagnes des ONG, dont certaine ont un impact concret sur des industriels.

Modifier ses habitudes pour réduire sa pollution numérique

En tant que clients de services numériques, l’utilisateur final a des moyens d’action pour réduire sa pollution numérique. Ceci concerne son utilisation personnelle et professionnelle. De bonnes pratiques peuvent réduire l’impact individuel. Ces conseils peuvent paraître dérisoires, une goutte d’eau dans l’océan… et cela n’éteindra pas l’incendie qui s’annonce.
Mais en réduisant sa consommation individuelle, on réduit aussi sa facture.
Alors ces habitudes, quelles sont-elles ?

Je trie et je range ma boîte mails

La plupart des abonnés de messageries utilisent un service en ligne. L’ensemble de leurs messages restent sur les serveurs distants. Il est possible d’intervenir en s’organisant.

La gestion des mails d’une entreprise de 100 personnes génère autant de CO2 que 14 vols allers/retours Paris/New-York.

1. Minimiser sa signature ou ne pas mettre d’image.
2. Ne pas transférer les pièces jointes inutiles, ou l’ensemble d’une conversation. Limiter ou supprimer les images.
3. Pour les grosses pièces jointes, préférer des services de transfert de fichiers comme WeTransfer. Les données sont effacées au bout d’un laps de temps.
4. Supprimer quotidiennement les mails lus qu’on ne conservera pas (mais aussi ceux qu’on ne lira jamais…)
5. Trier ses mails, organiser sa messagerie en sous dossiers. On n’y conservera que les messages réellement importants.
6. Vider sa corbeille, éliminer les spams.
7. Se désabonner des news-letters qu’on ne lit pas. Cleanfox est un outil qui peut aider. Il scanne la boîte mail et détecte toutes les news-letters auxquelles on est abonné.
8. S’attaquer aux spams. Ils représentent 50% du flux journalier des mails. Un autre outil, VadeSecure, est proposé aux entreprises pour détecter les mails malveillants.
9. Créer des adresses « poubelles » temporaires. C’est pratique quand on veut commander en ligne sans donner son adresse véritable. Les adresses sont éliminées au bout d’un moment et ne pourront plus être réutilisées pour de la pub. Jetable.org propose ce service.

Je consulte la météo avant de naviguer

Surfer, naviguer ou, encore mieux, butiner sur le web n’est pas anodin. Les recherches interrogent les serveurs et consomment du CO2.

Selon l’ADEME, la recherche d’une adresse produit 2,8g de CO2. Les Français font en moyenne 2,6 recherches par jour (949 par an). Cela représente 287 600 tonnes de CO2, l’équivalent de la production d’une voiture sur un trajet de 1,5 millions de km.

10. Choisir un moteur de recherche éco-responsable ou éthique. Les moteurs de recherche alternatifs s’engagent à redistribuer leurs revenus vers des causes éthiques ou écologiques. Certes, ils ne sont pas toujours aussi efficaces que les leaders. Il est cependant possible de paramétrer ses navigateurs pour les mettre en page d’accueil.

  • Ecosia est une version améliorée du moteur Bing de Microsoft. Il vit d’encarts publicitaires générés par Yahoo. Il reverse 80% de ses bénéfices à un programme de reforestation mondial.
  • Lilo loue les algorithmes des leaders du marché. Il participe au financement de projets sociaux ou environnementaux. Ses revenus proviennent de la publicité. L’utilisateur peut choisir les projets qu’il souhaite financer.
  • Ecogine est le local breton de l’équipe. Il a été développé par une association nantaise issue de l’école d’ingénieurs Polytech Nantes. Ses revenus publicitaires proviennent du leader mondial… La totalité de ses bénéfices est reversé à des projets environnementaux associatifs.

Cette liste n’est pas exhaustive…

11. Taper directement l’adresse du site recherché et ne pas interroger systématiquement un moteur de recherche.
12. Utiliser les favoris (marque-pages) pour les sites que l’on visite régulièrement. Votre navigateur permet de les organiser et de les classer par dossiers.
13. Être plus précis dans sa recherche permet d’avoir des résultats plus pertinents, plus rapidement et moins gourmands en énergie. On peut utiliser plusieurs mots ou expressions. Les plus motivés peuvent utiliser les « opérateurs booléens ».

Les opérateurs booléens, AND, OR, NOT (et, ou, sauf) sont des expressions qui permettent de préciser une recherche en associant ou excluant un mot, une expression.

14. Avoir un dictionnaire ou une grammaire sur son bureau. Cela peut paraître idiot, mais ce geste simple est une bonne alternative à l’utilisation d’un moteur de recherche pour vérifier le sens, l’orthographe d’un mot ou une conjugaison. On peut aussi faire fonctionner sa mémoire plutôt que d’aller vérifier sur le web. Ca entretient la mémoire, et en groupe, ce peut être un jeu convivial.

J’utilise le streaming et le Cloud avec modération

Le « Cloud » (nuage) désigne l’accès aux données grâce à Internet. Ces données sont stockées sur des serveurs distants (data centers). Il ne concerne pas le stockage de données sur un ordinateur personnel ou au sur le serveur d’une entreprise.
Parmi les outils les plus utilisés pour délocaliser des données, on peut citer DropBox ou Google Drive. Ils sont bien utiles sinon indispensables pour le travail collaboratif. On peut régulièrement y faire le ménage et supprimer les fichiers inutiles. Bien utiliser le cloud et le streaming est une des meilleures manières de réduire sa pollution numérique.

Si le « Cloud computing » était un Etat, il arriverait en 6e position pour sa consommation d’électricité dans le monde, devant l’Allemagne et la France.

15. Préférer le stockage local (sur son ordinateur) au Cloud. Conserver une copie des fichiers importants sur un disque externe.
16. Préférer les services de streaming audio plutôt que la vidéo, si on écoute seulement le son.
17. Méfiez-vous des imitations… Les séries proposées en streaming sont souvent le recyclage de films et d’idées anciennes. C’est le concept de la « série B, 2.0 ».

La série The Last Kingdom par exemple, proposée par Netflix, est une véritable imposture. Elle est en réalité la déclinaison sur 2 saisons (en attendant la 3e) de 8 épisodes de 50 minutes chacun… d’un film de 1958.
Le film en question est The Vikings, réalisé par Richard Fleisher, avec Kirk Douglas et Tony Curtis dans les rôles principaux.
Ce film de 116 minutes a été tourné partiellement en Bretagne dans les côtes d’Armor, au cap Fréhel… Merci, Monsieur e-dit…
Préférons le local, il est certain que ce film est disponible dans votre médiathèque préférée.

Je prends soin de mon matériel électronique

Le fabrication des appareils concentre le principal impact écologique du numérique. Elle demande beaucoup d’énergie et de ressources minérales. Il sont souvent conçus pour être obsolescents rapidement. Les batteries des portables qui sont les plus sollicitées ne sont plus remplaçables sur beaucoup de modèles.

18. Prendre soin de ses appareils pour les faire durer plus longtemps.
19. Faire réparer son matériel en cas de panne plutôt que d’acheter du neuf sur un coup de tête. De nombreuses boutiques ont éclos ces dernières années pour proposer des services de réparation.
20. Utiliser les fonctions de mise en veille ou économie d’énergie (smartphone).
21. Désactiver la wifi et la localisation sur smartphone.
22. Fermer les fenêtres non utilisées (certaines se rechargent automatiquement pour être actualisées.
23. Fermer les applications non utilisées.
24. Eteindre son ordinateur lorsqu’il n’est pas utilisé.
25. Eteindre sa box Internet lorsqu’on s’absente plusieurs jours. A elle seule, selon l’ADEME, elle consomme autant qu’un petit frigo.
26. Faire recycler son matériel informatique et ne pas le conserver chez soi si on ne s’en sert plus. Mieux vaut le confier à une société de recyclage. Le matériel informatique usagé est une précieuse source de matériaux.
27. Réfléchir longuement à son utilité avant d’acheter un objet connecté.

Vous aussi vous avez des conseils pour réduire sa pollution numérique ?
Partagez-les en commentaires !

 

Cet article vous est proposé par Laurent de l’agence Ho Pongo!
Créatrice du site kervrac.fr, Ho Pongo! est une entreprise attachée à une vision écologique du web et motrice du développement local.
Vous voulez en savoir plus ?
Consultez le site de l’agence Ho Pongo!

Ho Pongo!, l'agence web de Quimper.

Sources : « Quelle est l’empreinte environnementale du numérique mondial ? » sur GreenIt

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